Qu’est ce que l’arthrite?

Qu’est ce que l’arthrite?

L’arthrite est un terme qui regroupe plus de 100 maladies caractérisées par l’inflammation des articulations et d’autres parties du corps. L’inflammation est un terme médical qui désigne la douleur, la raideur, la rougeur et l’enflure. Si elle n’est pas maîtrisée, l’inflammation peut causer des dommages importants, souvent permanents, dans les zones touchées, ce qui entraîne une perte de fonction et de l’incapacité.

L’arthrite (des racines « arthro », qui signifie articulation, et « itis », qui signifie inflammation) peut affecter pratiquement n’importe quelle partie du corps, mais elle s’attaque le plus souvent aux hanches, aux genoux, à la colonne vertébrale ou à d’autres articulations portantes. La maladie peut toutefois affecter les doigts et d’autres articulations non portantes.

L’arthrite est une maladie chronique, ce qui veut dire qu’elle affecte les personnes qui en sont atteintes de manière continue, permanente ou récurrente pour des périodes variant de plusieurs mois à toute une vie.

Types d’arthrite

Les maladies et affections arthritiques forment deux grandes catégories.

Arthrose

L’arthrose est la forme d’arthrite la plus courante. Elle touche plus de Canadiens que toutes les autres formes d’arthrite combinées. Même si on la considérait autrefois comme une maladie due à la détérioration et à l’usure normales, l’Osteoarthritis Research Society International (OARSI) l’a récemment redéfinie. L’organisation décrit en effet l’arthrose comme l’incapacité du corps à réparer les tissus articulaires endommagés*. Même si les lésions articulaires peuvent survenir en raison de la détérioration associée au vieillissement, elles peuvent également découler d’une blessure.

L’arthrose mène à la détérioration du cartilage (la matière élastique solide qui recouvre et protège les extrémités des os). Il en résulte un frottement des os les uns contre les autres qui cause de la douleur, de la raideur, de l’enflure et une réduction de l’amplitude des mouvements. Les articulations le plus souvent affectées par l’arthrose sont les genoux et les hanches, ainsi que les articulations des mains et de la colonne vertébrale.

De nombreux facteurs contribueraient au développement de l’arthrose, comme l’âge, l’obésité, le genre, la profession, la participation à certains sports, les blessures articulaires ou opérations subies et la génétique.

Pour plus d’information, visitez notre page sur l’arthrose.

*L’Osteoarthritis Research Society International (OARSI)

Arthrite inflammatoire

Les formes d’arthrite inflammatoire (AI) se distinguent de l’arthrose, puisque l’inflammation, plutôt que l’usure du cartilage, est à la source des lésions articulaires. La plupart des formes d’AI sont aussi des maladies auto-immunes, c’est-à-dire que le système immunitaire – le système de défense du corps contre les infections et les autres envahisseurs – attaque par erreur les tissus sains.

L’inflammation associée à ces maladies peut causer de la douleur, de la raideur, une restriction de la mobilité, de la fatigue et des lésions aux articulations et autres tissus. Si elles ne sont pas détectées et traitées rapidement, ces maladies ont tendance à progresser plus rapidement et de façon plus agressive que l’arthrose.

L’AI comprend toutes les formes d’arthrite sauf l’arthrose – même certaines maladies que vous n’associeriez peut-être pas du tout à l’arthrite, comme le lupus ou la goutte. Parmi les formes courantes d’AI, mentionnons la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosantel’arthrite psoriasique et l’arthrite juvénile idiopathique. Il existe toutefois beaucoup d’autres exemples moins connus. Certaines formes d’AI sont considérées comme des maladies systémiques parce qu’elles peuvent affecter tout le corps.

Pour de plus amples renseignements, visitez notre page sur l’arthrite inflammatoire.

Vous vivez avec l’arthrite?

Les symptômes d’arthrite peuvent être de légers à sévères. La plupart des personnes atteintes d’arthrite doivent composer avec la douleur chronique, la fatigue, une mobilité restreinte, une humeur maussade et d’autres symptômes qui, conjointement, érodent leur qualité de vie.

De nombreuses formes d’arthrite peuvent mener à une incapacité épisodique, qui empêche alors les personnes atteintes de travailler pendant certaines périodes.

L’arthrite menace la capacité de millions de Canadiens à bénéficier d’une liberté de mouvement, à travailler de façon productive, à trouver un sommeil réparateur et à profiter d’une existence exempte d’une douleur inutile.

www.arthrite.ca

Les femmes, l’arthrite et la douleur neuropathique

Les femmes, l’arthrite et la douleur neuropathique

Avancées dans le développement d’un nouveau médicament contre la douleur arthritique chez les femmes

Toute personne vivant avec l’arthrite sait qu’il existe plusieurs types de douleurs arthritiques, et qu’un traitement qui fonctionne pour un type de douleur ne fonctionnera pas nécessairement pour un autre. Jason McDougall, Ph. D. et professeur au département de pharmacologie et au département d’anesthésie, de gestion de la douleur et de médecine périopératoire de l’Université de Dalhousie (Nouvelle-Écosse), et Melissa O’Brien, étudiante au doctorat, dirigent une équipe de recherche dans le but d’en apprendre davantage sur les différences entre la douleur chez les hommes et les femmes qui vivent avec l’arthrite.

Qu’est-ce que la douleur névralgique?

L’inflammation articulaire n’est pas la seule source de douleur arthritique. Certaines personnes atteintes d’arthrose ou de polyarthrite rhumatoïde éprouvent aussi de la douleur névralgique. « Il s’agit d’un type de douleur spécifique associée à des lésions aux nerfs eux-mêmes. Cela peut entraîner un déclenchement anormal dans les nerfs qui occasionne de la douleur évoquant des coups de poignard ou des aiguilles, explique M. McDougall. Bien que les chiffres varient, environ 30 à 40 % des patients atteints d’arthrite ont de la douleur neuropathique. »

M. Jason McDougall et son équipe de recherche souhaitent en apprendre davantage sur les différences dans la douleur neuropathique en fonction du sexe à la naissance. « Les femmes sont plus susceptibles de développer l’arthrite et d’éprouver de la douleur neuropathique. Ainsi, je pense qu’il y a un grand besoin d’étudier les différences entre les sexes afin de comprendre ce qui contribue à la douleur arthritique », dit-il.

Pourquoi les femmes peuvent-elles avoir une expérience différente de la douleur arthritique?

Bien que les hormones sexuelles jouent un rôle dans la douleur, leur incidence exacte reste imprécise. « Certaines études montrent que les hormones sexuelles des femmes peuvent avoir un effet neuroprotecteur très important et qu’elles peuvent aussi prévenir la douleur neuropathique. Cependant, d’autres études démontrent qu’en cas de douleur neuropathique, les hormones sexuelles féminines peuvent en fait contribuer à ce type de douleur, souligne M. McDougall. Lorsqu’on se penche sur les différences entre les hommes et les femmes, on utilise souvent l’argument des hormones sexuelles, mais il doit y avoir plusieurs autres facteurs qui expliquent ces différences. Cependant, nous ne les connaissons pas encore. » D’autres études semblent indiquer que les femmes ne réagissent pas aux médicaments de la même façon que les hommes.

Le traitement de la douleur neuropathique

Les médicaments anti-inflammatoires, tels que l’ibuprofène, fonctionnent bien pour ce qui est de la douleur qui découle de l’inflammation, mais ils ne sont pas efficaces contre la douleur neuropathique. Actuellement, il existe des médicaments utilisés pour traiter la douleur neuropathique causée par le diabète et la sclérose en plaques. « Nous avons réalisé des études préliminaires sur certains de ces médicaments à l’aide de modèles arthritiques et avons découvert qu’ils sont également assez efficaces pour réduire la douleur articulaire », affirme M. McDougall.

Dans le cadre d’une étude effectuée sur des rats de laboratoire  (en anglais) et publiée en 2019 dans la revue médicale Pain, M. McDougall et ses collègues ont découvert que les lésions nerveuses dans les genoux des rats n’avaient pas les mêmes effets sur les femelles que sur les mâles. Les femelles éprouvaient aussi davantage de douleur neuropathique. De plus, un médicament qui inhibait les signaux de douleur neuropathique a produit de meilleurs résultats chez les femelles. La recherche est encore en cours, mais c’est un pas important dans la quête de nouveaux traitements pharmacologiques pour cibler la composante neuropathique de la douleur arthritique. « Les médicaments qu’on a utilisés jusqu’à maintenant ont des effets à court terme. C’est pourquoi nous essayons maintenant de développer une approche qui soit fondée sur les anticorps afin de cibler cette voie et ainsi obtenir des semaines, voire des mois de soulagement, explique M. McDougall. Espérons qu’à l’avenir, cela pourra aider les patients qui vivent avec l’arthrite. »

Ce projet de recherche a été financé par une subvention stratégique de fonctionnement accordée à M. Jason McDougall pour la période de 2018 à 2020, et par une bourse salariale de formation au doctorat accordée à Melissa O’Brien pour la période 2017-2018.